Armaëth I
Le jeu
Armaëth est un jeu créé par D. Gremillet en 1991. Pour pouvoir le distribuer, il a fondé sa propre société Les Éditions du Dolmen et il a vendu son œuvre par correspondance. Quoiqu’il ait bénéficié du soutien de Tilt à l’époque, la méthode de distribution utilisée a rendu le jeu très confidentiel et cette première incursion dans le monde d’Armaeth est devenu très difficile à trouver. Il n’en est pas de même pour Armaeth The Lost Kingdom , son remake un peu plus moderne développé en 1993 par Real World et distribué par Grandslam . Perdu dans les bois Vous débarquez de nulle part dans un décor bucolique. Vous n’avez pas de nom et pour seul fil conducteur, une vague histoire de nains et de trésor. Vous commencez alors votre errance dans la campagne en essayant de progresser dans l’histoire. Quelques observations retiennent votre attention, un feu presque éteint, un tas de bûches, un nid d’abeilles. Il y a aussi beaucoup d’eau mais vous ne semblez pas être doué en natation. Le personnage central de l’histoire pour l’instant est un ours qui vous suit partout et n’a qu’une idée, vous inscrire à son menu. Accessoirement, vous avez découvert la grotte où il vit, celle-ci semble cacher des choses intéressantes mais il y fait trop noir et l’ours déteste que l’on viole son intimité. Un environnement hostile Armaëth est un jeu d’aventure graphique dans la lignée des premiers King's Quest . Vous vous déplacez dans un décor grâce aux flèches de direction et vous tapez les actions plus spécifiques au clavier. Pour peu que l’interpréteur syntaxique vous comprenne, votre personnage effectuera l’ordre ou vous enverra balader. L’interpréteur reconnaît les verbes à l’infinitif suivi ou non d’un complément, par exemple «regarder dolmen» - il est à première vue assez limité. Pour agir sur un objet, il faut souvent être proche mais pas toujours, ainsi, à un certain moment, vous entrez dans une maison où vous souhaitez prendre une pelle, il suffit de taper «prendre pelle» pour que le personnage se déplace et la ramasse alors que, dans la forêt, vous avez à une occasion la possibilité de ramasser quelques bûches de bois, il vous faudra vous mettre à un endroit spécial pour réussir cet exploit. Le personnage se déplace assez difficilement dans le décor et il est très souvent bloqué, à ce moment là il faut faire marche arrière et changer de direction, c’est pénible surtout si l’ours vous poursuit ! Quant aux actions, le programme doit tester aléatoirement la réussite de celles-ci et votre pourcentage de réussite est très réduit, il faut donc insister jusqu’à ce que ça marche ou que l’ours vous ait bouffé. Heureusement, pour contrebalancer cette jouabilité un peu douteuse, les touches de fonction proposent quelques aides intéressantes. F2 et F3 servent pour les sauvegardes, F4 permet de ressusciter votre personnage, F10 vous donne votre inventaire, F5 relance une nouvelle partie et F6 résume votre situation. Une jolie patte graphique Graphiquement, le jeu est une réussite. C’est très joliment dessiné en EGA dans un style pointilliste qui évite les gros amas de couleur uniforme que l’on voit dans les premiers Sierra par exemple. Les animations sont très abouties, par exemple, celle où l’ours vous invite à son repas que vous verrez très souvent est très amusante. De nombreuses animations viennent égayer les décors : oiseaux qui volent, frémissements de l’eau. Par contre, il n’y a aucun son. Les commentaires sont dans le style habituel de ce genre de jeu, spirituels et moqueurs. C’est la partie agréable du jeu qui vient contrebalancer sa très grande difficulté. Le but du concepteur était de créer un univers vivant indépendamment du personnage avec des créatures qui vaquent à leurs propres occupations. C’est certainement le premier jeu à proposer l’idée d’un monde animé ayant une vie propre même hors de la présence de votre personnage. Quant à dire si c’est réussi, l’ensemble donne surtout l’impression d’un mouvement aléatoire. Conscient sans doute de la difficulté du jeu, le concepteur a ajouté à celui-ci un programme d’aide indépendant pour permettre au joueur d’aller de l’avant. Les aides sont données de manière graduée de l’indication la plus vague à la plus précise. Armaëth est un jeu difficile qui n’aide pas le joueur et qui va donc demander beaucoup de persévérance à celui-ci qui, de plus, devra se battre avec l’interpréteur assez limité et les difficultés de déplacement du personnage. Cependant, l’ambiance agréable, les décors et les animations très réussies ainsi que la touche résurrection rattrapent (un peu) l’ensemble. Installation Le jeu fonctionne avec DOSBox, vous avez à disposition dans l’archive un guide qui vous explique pas à pas l’installation. Bizarrement, cette méthode ne semble pas fonctionner avec DOSBox 10 mais ne pose pas de problème avec DOSBox 0, 74 ou DOSBox Staging. Pour la version CD-ROM, lancez la commande "INSTALL.BAT F" depuis l'image-disque (le 'F' installe le jeu en français, 'D' pour l'allemand ou pas de lettre pour l'anglais). Après l'installation, allez dans le répertoire créé sur le disque dur virtuel et lancez ARMAETH.BAT. Fabrice Debaque
Avis des joueurs
La communauté en parle
Versions