Cyberswine
Le jeu
Mi-robot, mi-flic, et mi-cochon derrière ! C’est à peu près en ces mots que se définit le protagoniste que nous allons incarner, Cyberswine. Fraîchement sorti du laboratoire, dans ce futur post-apocalyptique, notre cochon-robot part pour sa première mission avec l’agent Lee, qui n’a pas l’air enchantée à l’idée de faire garderie, même si elle pourra dire grâce à ça qu’ils n’ont pas gardé les cochons ensemble… Mais je digresse. Quelques secondes à peine après être sortis du commissariat, nous voilà déjà partis dans une course de vaisseaux effrénée pour maîtriser un terrible droïde délinquant qui a osé nous traiter de cochon – avait-il vraiment tort ? - jusqu’à tagger notre armure toute neuve avec de la peinture rouge ! Mais peut-être que cette première péripétie n’est que la première d’une longue série… De la confiture aux cochons Car si nous évoquions le fait d’incarner Cyberswine, c’est en réalité un peu plus compliqué que cela. Nous n’incarnons pas directement notre ami à groin, qui se déplace et agit comme il le souhaite tout au long du scénario, mais nous avons en revanche la possibilité d’influer sur ses choix assez régulièrement : lorsque c’est le cas, il nous est donné la possibilité, en répondant à une question par oui ou par non, de réagir à la situation en cours. Lorsque c’est le cas, nous avons quelques secondes pour remplir la jauge de notre choix, en appuyant sur Y ou N pour donner notre réponse et agir de manière agressive, prudente, empathique ou logique. Bien que ce système ne soit pas nouveau, il fait partie de ces premiers jeux ayant essayé de faire "des jeux-films" en 3D, bien avant la naissance des séries de Telltale . Là où le bât blesse, en revanche, c’est que nos choix n’ont malheureusement que peu d’impact sur notre aventure. La progression est très linéaire, et s’il peut y avoir quelques petites modifications dans les scènes suivantes, dans tous les cas, on finira forcément par arriver à la même fin en passant par les mêmes étapes. C’est un peu dommage ! Plutôt un cochon décadent qu’un flic corrompu Malgré cet aspect un peu décevant, Cyberswine reste néanmoins un petit OVNI vidéoludique à explorer. Sa grande force, au final, n’est pas tellement dans son gameplay, quasi inexistant et plutôt inconséquent, mais plutôt dans son aspect nanar dans le sens le plus noble du terme : il semble assez évident que l’équipe en charge d’adapter le comic "Cyberswine" avait pour objectif de réaliser une grande œuvre dramatique, qui se prend au sérieux… Mais ce n’est pas l’effet qui ressort après les 1h30 passées à parcourir le jeu, au contraire ! Le jeu est un accident de voiture qui part dans tous les sens, et le poids des années donne un côté très série Z à l’ensemble : si les dialogues sont particulièrement réussis, les graphismes sont très aléatoires, avec quelques personnages très bien modélisés pour l’époque au milieu de décors ou d’objets aussi moches que pixélisés. Si Cyberswine était un film, il serait probablement depuis belle lurette sur les étagères virtuelles de Nanarland, et pour tous les amateurs de ce genre d’anomalies approximatives, je ne peux que vous encourager à le lancer. Si vous êtes plus d’humeur à regarder un film, vous pouvez même choisir de ne pas jouer, et de seulement regarder le jeu ''jouer tout seul", dans tous les cas, l’aventure progressera et vous pourrez tout aussi bien profiter de l’incroyable histoire du seul être vivant à pouvoir se targuer d’être à la fois un cousin de Robocop et de Peppa Pig. Bref, on sait pas si c’est du lard ou du cochon, mais c’est ça qui est bon !
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